COMPRENDRE LE CONTEXTE

Le Québec est doté d’un territoire vaste, rempli de paysages diversifiés et d’une belle nature. Mais si son territoire naturel est si vaste, pourquoi devrons-nous nous soucier de protéger les milieux naturels présents dans les zones urbaines et périurbaines situées au sud de la province? Voici quelques informations qui pourront vous aider dans cette réflexion.

Faits saillants

  • Près des deux tiers des espèces menacées ou vulnérables sont confinées à l’extrême sud de la province.
  • Les occurrences d’espèces menacées ou vulnérables se concentrent dans le sud du Québec, reflétant leur affinité géographique.
  • La répartition des espèces en déclin est en étroite correspondance avec l’occupation humaine du territoire, que ce soit pour l’urbanisation, l’agriculture, l’exploitation forestière ou les loisirs.
  • À l’extrême sud, le domaine de l’érablière à caryer cordiforme se démarque par sa grande richesse spécifique, notamment parce que de nombreuses espèces thermophiles y atteignent leur limite nordique de répartition.
  • La diversité des espèces menacées ou vulnérables décroît du sud vers le nord, conformément au gradient existant dans la flore et la faune en général. Elle est plus forte dans la zone tempérée nordique, tout particulièrement dans le domaine de l’érablière à caryer cordiforme.

(Source : Carte et textes extraits de Tardif, B., G. Lavoie et Y. Lachance. 2005. Atlas de la biodiversité du Québec)

CONTEXTE GÉOGRAPHIQUE ET ÉCOLOGIQUE

Une des premières choses à savoir est que le territoire de l'agglomération de Longueuil se situe dans le domaine bioclimatique de l’érablière à caryer cordiforme et compose une partie de la Ceinture verte du Grand Montréal. Mais qu'est-ce que ça veut dire?

Domaine bioclimatique de l'érablière à caryer cordiforme

Référence 1: Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec

Un domaine bioclimatique est un territoire caractérisé par la nature de la végétation qui, à la fin des successions, couvre les sites où les conditions pédologiques, de drainage et d'exposition sont moyennes (sites mésiques). L'équilibre entre la végétation et le climat est le principal critère de distinction des domaines.

Le domaine bioclimatique de l'érablière à caryer cordiforme couvre le sud-ouest de la province qui bénéficie du climat le plus clément. Il renferme donc la flore la plus méridionale du Québec, dont plusieurs espèces thermophiles. Les forêts y sont très diversifiées. Certaines des espèces qui y croissent sont à la limite septentrionale de leur aire de distribution. C'est le cas du caryer cordiforme, qui prête son nom au domaine, du caryer ovale, du micocoulier, de l'érable noir, du chêne bicolore, de l'orme de Thomas, du pin rigide ainsi que de plusieurs arbustes et plantes herbacées. On y voit aussi d'autres espèces qui poussent également plus au nord, telles que l'érable à sucre, le sapin et les épinettes.

Référence 2: Fondation David Suzuki

Le climat est le principal facteur dictant la répartition de la biodiversité. Au Québec, la distribution des communautés végétales est généralement décrite à l'aide de zones de végétation et domaines bioclimatiques, des concepts qui tiennent aussi compte de la nature du sol, du relief et des perturbations.

Le domaine de l'érablière à caryer cordiforme est le plus petit des domaines climatiques du Québec, mais du fait d'un climat clément et de précipitations abondantes, c'est aussi celui qui compte les communautés végétales les plus riches en espèces. En excluant les espèces non indigènes, notamment utilisées pour l'horticulture ornementale, on y dénombre quelque 1 600 plantes vasculaires dont 47 essences d'arbres (ex.: caryer cordiforme, chêne blanc, érable noir, etc.).

Depuis la colonisation, l'agriculture, la culture maraîchère et horticole, ainsi que les productions de sirop d'érable et de bois ont été les principaux facteurs, liés à l'intervention humaine, de perturbation de la dynamique écologique des communautés végétales. L'érablière à caryer cordiforme étant située dans la zone la plus urbanisée du Québec, les parcelles forestières restantes sont des îlots d'habitat entourés d'une matrice urbaine et agricole «hostile» aux yeux des organismes vivants qui y ont trouvé refuge.

(Source : Textes extraits de Fondation Suzuki. Les forêts de la Ceinture verte)

La Ceinture verte du Grand Montréal

Le territoire de la Ceinture verte est situé dans la zone de végétation tempérée nordique et couvre deux domaines bioclimatiques principaux, soient ceux du domaine bioclimatique de l'érablière à caryer cordiforme (pour la majeure partie), ainsi que le domaine de l'érablière à tilleul.

Le cercle rouge indique la localisation du territoire de l'agglomération de Longueuil à l'intérieur des limites de la Ceinture verte du Grand Montréal.

(Source : Carte (adaptée) et textes extraits de Fondation Suzuki. Les forêts de la Ceinture verte et Une Ceinture Verte Grandeur Nature : un grand projet mobilisateur pour la région de Montréal)

Les milieux humides et aquatiques de la Ceinture Verte du Grand Montréal

Les zones humides représentent environ 6 % des terres de la Ceinture verte, soit 107 411 hectares. Ce calcul se détaille en quatre classes de milieux humides: étangs (0,3 %), marais (1 %), marécages (3 %) et tourbières (2 %). La valeur écologique de ces milieux humides est considérable. Non seulement ces milieux emmagasinent-ils d’énormes quantités de carbone, mais ils agissent aussi comme filtre pour l’eau et constituent d’importants systèmes naturels de gestion des eaux pluviales et de contrôle des inondations. Afin de préserver ces fonctions essentielles, les milieux humides devraient constituer plus de 10 % d’un bassin hydrographique.

Le couvert forestier de la Ceinture Verte du Grand Montréal

L’évaluation de la superficie du couvert forestier de la Ceinture verte indique que celui-ci couvrirait environ 26 % du territoire. Ceci se situe sous le seuil critique d’habitat pour le maintien de la biodiversité, qui est établi entre 30 % à 40 % de la proportion de l’habitat considéré.(…) La perte et la fragmentation des habitats sont reconnues comme étant deux facteurs majeurs explicatifs de l’érosion de la biodiversité. Il n’est donc pas surprenant de constater que la majorité des espèces à statut précaire se retrouvent dans le sud de la province.

Sur la faune et la flore au sud du Québec

La plupart des points chauds de biodiversité se trouvent dans le territoire de la Ceinture verte. Malgré le fait que près des deux tiers des espèces menacées ou vulnérables du Québec soient confinées à l'extrême sud de la province, et compris dans le territoire visé par la Ceinture verte, seulement 4,8% de cette zone est protégée à l'heure actuelle. À titre d'exemple, sur les 455 espèces animales (vertébrées) et végétales dont le statut est menacé au Québec, plus de la moitié se retrouvent sur le territoire de la Ceinture verte du Grand Montréal.

Parmi ces espèces menacées, on retrouve la rainette faux-grillon de l'ouest, qui se reproduit dans des milieux humides (mares, étangs, marécages). Cette grenouille est non seulement la plus petite de toutes les grenouilles du Québec, mais également la plus menacée. La rainette faux-grillon de l'ouest est l'exemple typique de la perte de la biodiversité dans le sud du Québec puisque 90% de son habitat d'origine, la Montérégie, a disparu suite aux activités humaines. On la retrouve encore dans des boisés tel le boisé Du Tremblay, à Longueuil

(Source : Textes extraits de Fondation David Suzuki - La faune de la ceinture verte/)